Cours de cinéma en ligne

[Cours en ligne] Les Arts de la représentation



La notion de représentation :

– étymologie : présenter à nouveau/exhibition de la présence.
– tenir lieu de – substitution/remplacement.


Dès Aristote, le mot est utilisé pour la pensée. La représentation est une sorte d’intermédiaire entre la chose et la pensée. En esthétique, la représentation est le remplacement d’une œuvre par autre chose. On regarde l’œuvre, on voit autre chose. Regarder insinue une implication plus grande de la part du spectateur (différent de voir).

L’œuvre représente en cela qu’elle rend sensible au moyen de figures et de signes quelque chose qui n’est pas là et qu’elle remplace. L’œuvre demande l’attention et « présente à nouveau ».

Pourquoi la représentation. Pourquoi a-t-on besoin de copies alors qu’on dispose de l’original ?

Pace que la perception en art force le regard. C’est un intermédiaire entre nous et le monde afin de nous « laver les yeux ». (2) L’intérêt est la prise de recul de l’homme sur le monde grâce à la représentation. Le monde est détaché de l’immédiat, de l’utilitaire.


« L’art ne produit pas le visible, il rend visible. »
Paul Klee.


L’Image.

Le théâtre représente sans images.

(1) L’image est ce qui sépare l’homme de l’animal (avec le langage)

-> Où est l’image ? Physiquement, l’image a un support mais elle est aussi ailleurs. Elle ouvre l’espace (3a)

-> L’image n’imite pas la chose représentée mais l’absence de la chose représentée. L’image se met en liaison avec son objet, son lieu (cf. la photo dans le portefeuille = l’image représentative entre en relation avec l’objet et appuie l’absence de l’objet.

-> L’image n’est pas la ressemblance. Elle va toujours se construire avec la relation : ressemblance/dissemblance. Si elle était la ressemblance, elle serait un double. De plus, il s’agit du passage du 3D au 2D.

« L’art n’a pas pour fonction d’imiter la nature ».
Paul Klee.


Certes il y a représentation mais l’art n’est pas un moyen mais une fin. Platon va différencier deux sortes d’images : « l’image copie » et « l’image illusion ».
L’image copie : la dissemblance est plus importante que la ressemblance. C’est donc un bien pour lui.
L’image illusion : c’est le contraire,ce qui est mauvais.


Merleau-Ponty (3)

La duplicité du sentir : notre conscience fait qu’on voit et que l’on se voit voir. Le corps devient sujet et objet de la sensation. Merleau-ponty va relier cela au caractère double de l’image (l’image est là et pas là)

  1. le visible s’ouvre en écho en nous. On la voit physiquement mais l’image est aussi en nous.

  2. « je vois selon ou avec lui plutôt que je ne la vois ».

  3. l’image révèle et accompagne notre perception.


Les questions de la représentation :
– l’icône. la peinture.

– l’indice. La photographie (continuité physique)

La photographie et le cinéma, par ce qu’ils apportent, vont bouleverser l’art.


Il y a une façon de parler de la perspective en général et une autre façon de parler de la perspective.
La perspective se développe au 15éme siècle en Italie. On prend conscience de celle-ci au 19ème. On s’aperçoit qu’il y a d’autres manières de représenter la perspective.

 

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Merleau-Ponty


La perspective au fond est un moyen de poser le problème de la représentation de l’espace. Contester la perspective était un moyen de le révéler. C’est un moyen de construction spatiale et temporelle de la représentation. C’est un moyen de lecture (pictural, photo, cinéma) Une réflexion sur la perspective peut permettre de mieux comprendre le processus de la représentation.

 

(1908-1961), philosophe français, influencé par la phénoménologie de Husserl et la Gestalttheorie (théorie de la forme), dont il tirera une pensée originale orientée vers l’étude du rôle du sensible et du corps dans l’expérience humaine de connaissance du monde.

La carrière philosophique de Merleau-Ponty s’ouvre avec deux ouvrages majeurs : la Structure du comportement (1942) et la Phénoménologie de la perception (1945). Pour aborder le problème du sens, il choisit donc le terrain de la psychologie, dont il critique la prétention à se constituer en science. Dans son cheminement, la philosophie de Merleau-Ponty sera marquée par un constant désaveu de la science : à celle-ci, il reproche son explication aride des phénomènes, et à la psychologie d’occulter la subjectivité dont sont empreintes les données qu’elle a recueillies.

Or, ce que revendique le philosophe — tout comme Husserl le fera sur le tard —, c’est le retour à ce «monde de la vie», ce «retour aux choses mêmes» : la philosophie de Merleau-Ponty, proche de celle d’Heidegger, est une phénoménologie existentielle en ce qu’elle prône, dans sa tentative de compréhension du monde, une description du milieu concret où le sujet pensant se trouve en situation. Ainsi, à la naïveté de la prétendue objectivité de la science, Merleau-Ponty oppose la naïveté subjective du penseur, qui doit «formuler une expérience du monde, un contact avec le monde qui précède toute pensée sur le monde» (Sens et Non-Sens, 1948).

Merleau-Ponty se propose donc d’observer et de percevoir le monde d’avant la connaissance, mais ce monde est pour lui déjà chargé de significations : percevoir, c’est percevoir du sens; toute sensation est déjà engagée dans le sens. L’être est ainsi voué au sens et inscrit dans la texture du monde. Être signifiant, c’est par son corps qu’il est signifié à autrui. L’ego ne peut donc se constituer que dans l’intersubjectivité : contrairement à Sartre, Merleau-Ponty rejette la notion de conscience pure et transparente à elle-même, désincarnée.

Ces réflexions sur le sujet voyant et visible mènent tout naturellement Merleau-Ponty à s’intéresser aux œuvres d’art. Dans l’Œil et l’Esprit (1961), comme dans son ouvrage inachevé, le Visible et l’Invisible (1964), le philosophe cherchera à construire une ontologie du sensible.

Aux côtés de Sartre, avec qui il fonde la revue les Temps modernes, Merleau-Ponty s’interrogera enfin sur le sens de l’histoire, en s’inspirant des analyses du marxisme (les Aventures de la dialectique, 1945).


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