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Confinement, un Journal | Jour 30 : Sans oublier le lapin

Précédemment dans le journal du confinement de l’Amazing Bicoque :

Tofu, Freya et Praline, les trois chats impliqués dans le trafic de croquettes à l’Amazing Bicoque ont réussi à s’échapper de la maison. 

Le plan est maintenant de rejoindre Canocittà, apparemment à la tête du réseau. 

Mais dans l’agitation, Lemmy, le lapin nain, les a suivis.

Je finis de vérifier que la pizza est bien enfournée avant de me tourner vers ce taré de chien attaché au fond de la boutique. Voilà deux jours qu’il est coincé avec moi, sans manger et sans boire, il commence à apprendre de ses erreurs, vivre avec l’impardonnable. Je n’ai jamais compris comment cette race animale avait pu survivre tous ces millénaires, nous on a notre technique.

Tout à ces pensées, je m’avise qu’il y a du bruit derrière la porte, on frappe. Hmmm… Ce n’est pas très normal les “toc toc” à cette heure. D’un bond pas très grâcieux, je descends au sol pour me diriger vers la chatière. Derrière, je découvre une assemblée hétéroclite que je détaille.

Passons déjà sur Praline, un bel élément de l’organisation dont les dents rayent le plancher à même pas six mois de vie, à surveiller de près. Les deux autres chats : connais pas. J’avise toutefois un joli brin de fille dans le lot, elle, elle va avoir le droit à mon petit numéro. L’autre ne semble pas avoir inventé le lait chaud. 

Puis, c’est en regardant le dernier personnage de cette troupe que ça devient bizarre. J’ai beau regarder, je ne connais pas cette espèce-là… C’est quoi la taille de ces oreilles ? Ce nez qui bouge constamment, sérieux ?  En plus, il a l’air vénère, me toisant sans baisser les yeux. Il ne sait pas à qui il a affaire, clairement. Eh bien, il va découvrir qu’il ne vaut mieux pas se frotter à Henriette Canocittà !

Cependant, il ne faut pas prendre de risques, même si c’est calme là-dehors, je fais entrer au plus vite cette étrange compagnie.

Familière du lieu, Praline traverse immédiatement la pièce, certainement à la recherche d’une boîte de thon à subtiliser. Les autres restent devant la porte, l’air intimidé. Ah non, l’espèce à grandes oreilles part déjà fouiner à droite et à gauche. 

C’est un lapin nain, m’apprend Praline. Une espèce étrange mais inoffensive. Inoffensive, mes fesses. Peut-être pour les autres, mais celui-là il est dangereux, je le sens au fond de ma crête.

Mais Praline me met surtout au jus de ce qui s’est passé sur son territoire. Quoi, le fin fond de l’impasse ? D’où pourrait-il y avoir des problèmes dans cette zone perdue ?

La petite pepette sexy s’approche du prisonnier sur sa chaise et s’enquiert du contexte. J’explique que lorsque l’on décide de mettre de l’ananas sur une pizza, on en paye les conséquences.

“Pas vrai, Anubis ?” que je lui dis. Il me répond un vague bwoof pathétique. Crétin.

Bon, ce n’est pas tout ça, mais c’est la merde là. Si je perds l’impasse, on va sentir tout de suite le manque à gagner. Or, ce n’est justement pas le moment alors que le grand “projet” doit être mis en oeuvre au plus tard en début de semaine prochaine.

Je leur explique alors le plan tel qui me vient en tête : le neuneu retourne d’où il vient accompagné d’un message pour son maître lui expliquant qu’il arrête de venir fouiner où il ne faut pas. Praline fera profil bas et développera une clientèle de l’autre côté du passage du tramway. La pépette, enfin apparemment Freya, elle reste ici avec moi, le temps que ça se tasse pour elle et que son retour soit bien accueilli.

“Et le lapin ? murmure Praline. Il vit avec Tofu, on le renvoie aussi ?”

Je me tourne vers l’intéressé occupé à ronger des boîtes à pizza.

Je le sens pas lui, mais pas du tout. Ce n’est pas tant que ce soit un lapin, il y a un autre truc qui me dérange, j’arrive pas à mettre le doigt dessus : une espèce de familiarité malvenue. On pourrait poser la question à n’importe qui je pense, personne n’apprécierait de se sentir face à ce mélange d’altérité et d’intimité, ça donne un drôle de sentiment, ça met mal à l’aise. Bon, autant s’en débarrasser.

“C’est un témoin gênant, je ne vois aucune raison de le laisser en vie, occupe t’en discrètement”.

Voilà, problème réglé, je vais pouvoir passer un peu de temps avec la pépette, faire connaissance, gentiment lui faire découvrir ma fameuse recette de pizza aux navets, déguster un peu du coq reproducteur.

Ah non, dirait-on. Le lapin nain fonce sur moi. Là, comme ça, sans prévenir. Je me prépare au combat

A suivre ! Jour 31 : Seul

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